L’Agriculture Paysanne

L’agriculture paysanne respecte le paysan et répond aux attentes de la société.

Une agriculture en respect avec le travail paysan

L’agriculture paysanne met le paysan au cœur de la production de biens marchands (alimentaires et non alimentaires), tout en prenant en compte son environnement social, économique et écologique. Elle est définie au cours des années 90 par des paysans de la Confédération Paysanne et de la FADEAR (Fédération Associative de Développement de l’Emploi Agricole et Rural) :

« L’Agriculture Paysanne doit permettre à un maximum de paysans répartis sur tout le territoire de vivre décemment de leur métier en produisant sur des exploitations à taille humaine une alimentation saine et de qualité, sans remettre en cause les ressources naturelles de demain. Elle doit participer avec les citoyens à rendre le milieu rural vivant dans un cadre de vie apprécié par tous. »

  L’agriculture paysanne refuse une agriculture duale, une bipolarisation de l’activité. C’est le refus d’une agriculture à deux vitesses, où d’un côté l’agriculture à vocation exportatrice serait la seule rentable et de l’autre la « petite » agriculture seraient dévolues aux fonctions d’entretien de l’espace rural. 

Une agriculture au service de la société

La raison d’être de l’agriculture paysanne est de promouvoir l’agriculture qui répond à l’ensemble des besoins de la société.

  • Au besoin alimentaire. L’exigence des consommateurs s’oriente vers des denrées aux qualités gustatives et sanitaires reconnues, où la valeur ajoutée sert directement le producteur.
  • Un besoin de lien social. La population, notamment en milieu rural, est à la recherche d’entraides et de liens sociaux. Ces solidarités sont générées par l’animation et la vie liées à l’activité paysanne porteuse de ces valeurs.
  • Un besoin de biens et services. Que cela soit par la préservation du cadre de vie, par l’entretien du paysage et la gestion du territoire, les ruraux dans leur vie quotidienne désirent la protection de cet espace générateur d’emplois.
  • Un besoin concernant la qualité et la diversité du milieu naturel. La population est aujourd’hui favorable à la prise en considération impérative des exigences écologiques.

Pour répondre à l’ensemble de ces besoins, l’agriculture paysanne produit, par sa nature, des biens et services en adéquation avec les besoins immuables de la population.

Une agriculture fondée sur 3 dimensions.

  • Elle a une dimension sociale basée sur l’emploi, la solidarité entre paysans, entre régions, entre paysans du monde. Le respect du droit à produire pour chaque paysan et chaque région est fondamental, sinon les plus puissants empièteront sur le droit de vie des autres, ce qui n’est pas gage d’équilibre et d’humanité. L’agriculture paysanne permet à un maximum d’actifs d’exercer la profession agricole.
  • Elle doit être économiquement efficace. Elle doit créer de la valeur ajoutée, par rapport aux moyens de production mis en œuvre et aux volumes produits. C’est la condition pour que les paysans puissent vivre avec des volumes de production relativement modestes, condition pour maintenir des actifs nombreux. Cette production économiquement efficace va de pair avec une production de qualité.
  • Elle doit respecter les consommateurs et la nature. C’est la contrepartie obligatoire à la contribution de la collectivité au secteur agricole. Il s’agit ici de la qualité alimentaire, des équilibres écologiques, des paysages, de la biodiversité, etc…

Ces différentes dimensions sont indissociables et égales entre elles. Leur prise en compte dépend des choix personnels de paysans (c’est la notion de responsabilité de chacun), mais aussi du cadre politique (des choix fait en matière de politique agricole). Cela renvoie à la définition même de l’agriculture paysanne. Le développement de l’agriculture paysanne passe alors par deux conditions :

  • le cadre politique qui au lieu de favoriser l’industrialisation et la concentration, doit soutenir l’agriculture paysanne.
  • les choix personnels des paysans sur leur ferme : nous avons un espace d’initiative et de responsabilité

La Charte de l’agriculture paysanne

La Charte se fonde sur « les 10 principes de l’agriculture paysanne », mais elle constitue aussi un outil d’analyse des exploitations agricoles souhaitant entamer une démarche vers l’agriculture paysanne. La Charte est composée d’un ensemble de thèmes, de critères et d’indicateurs, la rendant des plus concrète. L’utilité de cet outil se situe à plusieurs niveaux :

  • il permet une analyse complète de l’exploitation en mettant en évidence les points sur lesquels il faut progresser en priorité ;
  • il peut être le support de formation, de préparation à l’installation, de réflexion au développement ;
  • il peut servir à définir des propositions de politiques agricoles (Réforme de la PAC, MAE, diverses formules d’éco ou socio-conditionnalité, etc). Enfin, la Charte de l’agriculture paysanne remet « la balle au centre » au moment où tout le monde prétend promouvoir l’agriculture durable, où elle est souvent réduite à la prise en compte, à titre curatif, de certains éléments environnementaux (une porcherie industrielle avec l’unité de traitement du lisier serait de l’agriculture durable !).

La Charte de l’agriculture paysanne intègre en son sein à la fois les fondements idéologiques, mais également des critères d’objectivité dotant l’agriculture paysanne des atouts pour s’inscrire dans la pérennité.

Pour en savoir plus, vous pouvez visiter le site de l’agriculture paysanne : http://www.agriculturepaysanne.org/ et le site de la confédération paysanne : http://www.confederationpaysanne-pdl.fr

Source : http://www.confederationpaysanne-pdl.fr

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