L’agriculture urbaine et péri-urbaine professionnelle

Dans de nombreuses villes, dans les pays développés comme dans les pays en développement l’agriculture urbaine et périurbaine (AUP) présente un mélange complexe et divers d’activités intéressant la production alimentaire, y compris les pêches et les forêts. Ce type d’agriculture contribue à l’approvisionnement alimentaire (notamment par l’apport de produits frais), procure des emplois et des revenus, et peut améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition des citadins.

L’agriculture péri-urbaine, au strict sens étymologique, est celle qui se trouve en périphérie de la ville, qu’elle que soit la nature de ses systèmes de production (raisonnée, biologique, agroécologique, permaculture, hors-sol ou bien pleine terre). Avec la ville, cette agriculture peut soit n’avoir que des rapports de mitoyenneté, soit entretenir des rapports fonctionnels réciproques. Dans ce dernier cas, elle devient urbaine et c’est ensemble qu’espaces cultivés et espaces bâtis participent au processus d’urbanisation et forment le territoire de la ville (André Fleury et Pierre Donadieu, INRA n°31, août 1997).

1) Les agriculteurs péri-urbains

Les agriculteurs péri-urbains comprennent les agriculteurs professionnels encore présent en périphérie des zones urbaines. Dans pleins de villes françaises, l’agriculture péri-urbaine est encore fortement présente. Il existe plusieurs formes d’agricultures péri-urbaines : de l’agriculture conventionnelle (industrielle) à l’agriculture biologique en passant par l’agriculture raisonnée ou encore biodynamique. De nouvelles formes d’agriculture péri-urbaines se développent également tel que des fermes en permaculture ou encore en aquaponie.

2) Les microfermes urbaines (géré seul ou en coopérative)

Ce type d’agriculture urbaine est encore très peu répandue et est en cours de mise en place. Une microferme est une ferme de petite surface (moins d’un hectare) à vocation économique.

Les méthodes associées sont bien souvent celles de l’agro-écologie, l’agriculture bio-intensive et parfois la permaculture. Il s’agit de productions soutenables, enrichissant l’humus du sol cultivé et favorisant la biodiversité et l’autonomie. On y pratique la rotation des cultures, les cultures associées, sur un système cultural évitant la mécanisation. C’est un changement de philosophie majeur : il s’agit de cultiver moins étendu pour cultiver mieux et de manière plus durable et autonome.

Les intérêts de ces formats sont multiples : Investissement initial minime, peu de besoins de mécanisation et frais associés, accès facilité aux terres, autonomie de l’exploitation… Aujourd’hui ces initiatives se développent.

Le terme de microferme est notamment devenu populaire dans les années 2010 avec l’expérience de la ferme de La Grelinette de Jean-Martin Fortier au Canada et la publication de son ouvrage Le Jardinier Maraîcher.

L’auteur y démontre qu’il est possible de mener une activité maraîchère rentable sur une petite surface de 1 hectare, contre 5 hectares d’usage en moyenne pour un maraîcher en France.

3) Les potagers sur toits et terrasses (gérés seul ou en association voir en coopératives)

Ce type d’agriculture urbaine professionnel est encore très peu répandue et est en cours de mise en place ! Cependant il existe une expérimentation sur Paris ! Il s’agit du potager urbain expérimental qui est installé sur les toits d’AgroParisTech (Centre Paris Claude Bernard) depuis décembre 2011.

Présentation du projet :

Nicolas Bel et Nicolas Marchal, deux ingénieurs généralistes, se sont demandé s’il était possible de cultiver des légumes sur une base de déchets organiques abondants en milieu urbain et périurbain, du type bois, compost ou carton.

De la rencontre avec Christine Aubry et Jeanne Pourias, qui font des recherches sur l’agriculture urbaine à l’INRA, le projet de toit Potager productif à AgroParisTech a été lancé en décembre 2011. Des chercheurs de différentes équipes de l’INRA Versailles-Grignon et du département SIAFEE (AgroParisTech), de l’école normale et du muséum d’histoire naturelle ont rejoint le projet autour de deux objectifs : évaluer d’une part des substrats de culture composés uniquement de déchets organiques, et d’autre part l’impact de la pollution sur les produits récoltés.

C’est l’entreprise Topager qui a convaincu la direction de l’école d’investir un espace de 600 m² pour y mener des expérimentations. La mairie de Paris évalue à 314 hectares la surface des toitures végétalisables dans la capitale.

L’entreprise veut donc aller plus loin et investir les toits des écoles, des collèges, des HLM : « Le potager c’est idéal pour l’insertion. On peut créer des emplois en faisant pousser des légumes ! »

Vidéo de présentation sur l’Agriculture Urbaine et aussi l’expérimentation :

Diaporama de l’expérimentation :

3) Les fermes verticales

La première ferme verticale à Singapour / reuters

Définition

La notion de « ferme verticale » ou d’agriculture verticale regroupe divers concepts fondés sur l’idée de cultiver des quantités significatives de produits alimentaires dans des tours, parois ou structures verticales, de manière à produire plus sur une faible emprise au sol, éventuellement en ville pour répondre à des besoins de proximité (filières courtes). Certains projets sont des sortes de gratte-ciel consacrés à l’agriculture (farmscrapers pour les anglophones).

L’idée de base des projets les plus souvent cités vient d’un concept développé en 1999 par Dickson Despommier, professeur en santé environnementale et microbiologie à l’université Columbia à New York avec des étudiants diplômés d’une classe d’écologie de la santé (« Medical ecology class »).

Selon lui, une telle tour pourrait être construite pour environ 84 millions de dollars US.

Le design architectural de ces tours a d’abord été développé par Andrew Kranis de la Columbia University et Gordon Graff à l’University of Waterloo.

Production

Elle produirait des fruits et légumes par culture hydroponique, aéroponique ou aquaponique (permettant de mettre plusieurs couches de cultures par étages), ainsi que des champignons comestibles et des algues toute l’année. Certains projets intègrent des animaux et produits animaux (poulets et des œufs, poisson ou cochon).

La méthode Aquaponique est plus respectueuse de l’environnement mais aussi des hommes ! Pour en savoir plus sur cette forme d’agriculture urbaine, cliquez sur le schéma ci-dessous.

Aquaponie cycle

Caractéristiques

Despommier estimait qu’en utilisant les technologies disponibles en 1999, une ferme verticale occupant la place d’un îlot urbain, et haute de 30 étages pourrait alimenter 10 000 personnes. Des fermes verticales d’au moins 200 mètres (pour 30 à 40 étages) sont techniquement plausibles. Elles visent un rendement 4 à 5 fois supérieur au rendement moyen de l’agriculture actuelle. Des capteurs situés dans le plafond de chaque étage pourraient même recueillir l’évapotranspiration des plantes pour produire de l’eau pure. Les sous-sols pourraient également servir au traitement des eaux usées en installant une unité de traitement des eaux, incluant éventuellement un dispositif de méthanisation (par exemple dans le sous-sol, source d’énergie, le CO2 étant ensuite réutilisé comme « engrais gazeux » pour les plantes.

Etat d’avancement

La première ferme verticale (SkyGreens) a ouvert à Singapour (automne 2012). Pourquoi une ferme verticale ? La terre arable devient rare, les villes grandissent, les transports polluent, le personnel est rare à la campagne. En 2013 à Singapour il y a 120 fermes verticales.

Produire le plus proche de la ville assure la fraîcheur des produits, la juste production et consommation, l’économie de carbone en transport, raccourcit la chaîne du froid et limite les besoins de stockage.

En zone urbaine, la surface au sol coûte cher, la verticalité est une solution. Depuis de nombreuses années, les cultures de fraises, tomates, laitues, etc., sont faites hors-sol, en culture hydroponique, et les serres produisent des produits propres, mûrs à temps contrôlé.

Une ferme verticale est donc une serre verticale. Sa hauteur peut être équivalente à 10, 20 ou 40 étages. De telles tours sont des ressources d’énergies éolienne et solaire. Il faut prendre en considération le volume ainsi créé et l’occuper verticalement par des « étagères » fixes ou mobiles qui tournent verticalement et captent la lumière solaire.

L’intérêt d’une ferme verticale est de contrôler tous les intrants. L’eau, les nutriments et les insecticides sont distribués en juste quantité. Les déchets biodégradables sont recyclés. Certains projets intègrent la présence d’animaux (poules, porcs, poissons). Les végétaux produits sont préparés sur place, frais ou transformés.

Une ferme verticale consommerait 40 fois moins d’eau et produirait 10 fois plus qu’un équivalent traditionnel. C’est une production répondant aux critères du développement durable.

L’avancement des projets de fermes verticales se fait en Amérique du Nord pour le moment, dans les pays fortement urbanisés d’Asie, les pays du Golfe, voire les pays en développement d’Afrique. La France y a des opportunités formidables du fait de sa compétence dans les végétaux et de sa réputation gastronomique.

D’autre part, 50% des hypermarchés ont plus de 35 ans et sont donc de grandes surfaces devenues urbaines. Ils peuvent potentiellement abriter des fermes verticales qui compenseraient leur détestable image d’usines à vendre. Il ne faudrait pas voir que les aspects négatifs de la ferme verticale, qui existent.

L’agriculture urbaine individuelle est en plein développement que ce soit les toitures végétalisées, le « home farming », le mouvement Re-Farm the City. Lorsque son modèle économique sera prouvé, son développement sera fulgurant.

À Montréal au Québec, les deux serres des fermes Lufa, installées sur des toits, cultivent plus de 50 types de végétaux parmi lesquels 22 variétés de tomates, 3 variétés d’aubergine, 2 variétés de concombre, 4 variétés de poivrons, 4 variétés de verdures, plusieurs herbes et micropousses. Environ 2 tonnes de légumes sont récoltés chaque jour. « Les semences sont choisies pour leur goût, leur texture, leur qualité nutritionnelle, mais pas pour leur capacité à résister au transport sur de longues distances », précise leur responsable de la communication Laurence Deschamps-Léger.

C’est la raison pour laquelle les projets d’agriculture urbaine les plus imposants se concentrent sur les végétaux les plus fragiles. Pour s’en convaincre, direction Chicago où un hangar abrite une ferme d’un nouveau genre. Son nom: FarmedHere (cultivé ici). Avec près de 8.400 mètres carrés de cultures hydroponiques en intérieur, il s’agit de la plus grande ferme verticale du monde. Ce qu’on y fait pousser? Essentiellement du basilique, de la salade, de la roquette.

Même chose à Singapour où les fermes verticales de SkyGreens servent à cultiver chou chinois, brocoli et salades afin de limiter la dépendance de la Cité-État aux importations de ses pays voisins.

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